Traduction et Rupture : La traduction comme moyen de communication interculturelle

 

Traduction et Rupture : La traduction comme moyen de communication interculturelle
textes réunis par Maryla LAURENT, Collection le Rocher de Calliope, Numilog, Paris 2014.
 

La « rupture » est une « interruption qui affecte brutalement dans sa continuité la permanence d’un phénomène, de situations, d'événements, de modes de pensée inscrits dans la durée. Coupure brutale entre deux situations, deux états de fait, l’un(e) passé(e), l'autre actuel(le) », nous informent les dictionnaires. Elle peut être le signe d’un état passager et l’on parlera de « crise » ou celui d'une évolution radicale. Dans l’un et l’autre cas, l’écriture s’en trouvera affectée et, plus souvent encore, y aura sa participation puisqu’à l’instant de rupture se situe ce que Walter Benjamin appelle le « Bruchstück », sorte de fragment, de passage apte à déployer les tensions qui sont en lui. La parole traduite, venue d’ailleurs, s’y inscrit volontiers comme vecteur d’action.

Cet ouvrage traite des ruptures dans l’approche théorique de la traduction et dans la pratique traductive dont Michel Ballard fait remonter l’une des plus anciennes à Du Bellay : « Son manifeste, écrit-il, marque une étape dans l'attitude des hommes de lettres vis-à-vis de la traduction et s’opère alors une sorte de rupture de la réflexion. »

La portée de l’influence des traductions dans les moments de rupture est également étudiée tant quand une mise en mots spécifique intervient que lorsque des sélections dans le corps du texte ou du choix des écrits traduits tentent d'infléchir le cours de l'Histoire. Des manipulations « sourcières » comme des interprétations « ciblistes » sont envisagées.

À la lumière des interférences qui interviennent aux moments d’intensité particulière que sont les ruptures, l'ensemble de ces articles qui convoquent douze langues – allemand, anglais, arabe, français, grec, hébreu, italien, latin, néerlandais, polonais, russe, tchèque – s'inquiète de savoir si l’idée d’une neutralité du texte traduit est pour le moins envisageable.

Sommaire

Avant-propos | Tomasz ORŁOWSKI, ambassadeur de Pologne en France | 11

Traduire la Bible entre rupture et continuité : de « Vanité des vanités » à « hével havalim » | Peter SCHNYDER | 13

Comment rompre avec la peur ? La traduction polonaise du Malleus Maleficarum par Stanisław Ząbkowic en 1614 | Monika SALMON-SIAMA | 31

Le Psalterium tempore belli (1644) de Jacob Merlo Horstius et ses traductions en polonais et en français aux tournants de l'histoire | Jan A. CHOROSZY | 47

L'influence du discours polonais sur la phraséologie républicaine française : est-elle une réalité ? | Anna SARAPUK | 57

Continuité et rupture dans le domaine de la traduction théâtrale vers le polonais : Wojciech Bogustawski et son Axur | Justyna ŁUKASZEWICZ | 71

La première traduction polonaise des Misérables aurait-elle contribué à un renouveau littéraire en Pologne ? | Norbert NOWAK | 91

Avant Babel. La pseudo-traduction ou comment réparer la chute | Ronald JENN | 107

La première traduction polonaise d'À la recherche du temps perdu : rupture ou fidélité à l'esprit proustien ? | Joanna GÓRNIKIEWICZ | 121

Traduction de Céline en russe : de l'époque stalinienne à la chute de l'URSS | Tatiana MUSINOVA | 141

Les traductions en français de Mein Kampf Histoire d'une tentative de mystification politique | Alfred STRASSER | 153

Julie Duval, inspectrice du Comité d'aide et de protection des femmes immigrantes, traductrice et modératrice d'existences en rupture | Elżbieta ŁĄTKA | 167

Le nom propre en traduction : rupture de forme, rupture de sens, rupture de règles | Maria PAPADIMA | 175

Le traitement des noms propres dans les traductions polonaises de la littérature de jeunesse française et anglaise : rupture(s) dans l'évolution ? | Natalia PAPROCKA | 195

La traduction littéraire en Pologne pendant l'occupation nazie (1939-1945) | Marzena CHROBAK | 209

La traduction en Pologne à l'époque stalinienne (1949-1956) | Maryla LAURENT | 223

Traduction et rupture : le cas Orwell en Pologne | Jerzy BRZOZOWSKI | 245

Traduire par temps de ruptures, ou comment la collection Pavillons/Domaine de l'Est (Robert Laffont, 1980-2003) a orienté l'image de la littérature est-européenne en France | Elżbieta SKIBIŃSKA | 259

1989, année de rupture sur le marché polonais des traductions | Marcin CIEŃSKI | 277

Les traductions tchèques de Roland Barthes avant et après 1989 | Josef FULKA | 291

Ruptures, humour et traduction. Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré et sa version polonaise | Agata RĘBKOWSKA | 303

Beckett, En attendant Godot. L'arabe et l'hébreu dans No Man's land | Ziva AVRAN | 315

Traduction et (anti-)tradition : rhétoriques de la rupture dans les périodiques italiens (1900-1940) | Tania COLLANI | 331

Traduire le plurilinguisme caractérisant la littérature italienne contemporaine : une rupture dans la pratique traductive française ? | Florence COURRIOL | 351

Le périmètre du traducteur, et au-delà | Spiros MACRIS | 367

Qui sont les auteurs des articles ? | 377

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