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APPEL À CONTRIBUTIONS

au volume nº 65 de la revue Romanica Wratislaviensia :

De la philologie romane aux études françaises
– évolution ou rupture?

sous la direction d’Elżbieta Skibińska

 

Le numéro 65 de Romanica Wratislaviensia sortira en 2018, pour le cinquantième anniversaire de la revue. En effet, c’est en 1968 qu’a été décidée sa création, au sein de la série Acta Universitatis Wratislaviensis. Depuis, la revue publie, en français, en espagnol, en italien ou en polonais, des études portant sur la littérature et les langues romanes.

Cinquante ans, cela invite naturellement à un bilan, d’autant plus que le dernier demi-siècle a connu des changements, tournants, bouleversements de diverses natures ayant marqué les sciences humaines et leur place au sein de l’université et dans la société1. Aussi la rédaction de Romanica Wratislaviensia a-t-elle décidé de consacrer le soixante-cinquième numéro à une réflexion sur le statut de la discipline dont la revue propage les acquis.

L’impulsion a également été donnée par un échange avec deux jeunes collègues à propos du nom de la revue (avec, en sous-entendu, l’idée de le changer car il ne correspondrait plus à la situation actuelle de la recherche) : mais pourquoi le latin? (cette « lingua franca de la communication scientifique » a depuis longtemps cédé la place à l’anglais) ; pourquoi romanica? (c’est le français qui est au cœur des intérêts des auteurs publiant dans la revue, les italianistes et ibéristes wroclaviens ayant les leurs propres).

Ces deux remarques serviront de point de départ à la formulation des questions autour desquelles pourrait être menée une réflexion sur la situation actuelle de ce que, en Pologne – mais aussi dans d’autres pays de l’Europe en dehors de la France – on appelle encore, traditionnellement, la philologie romane2.

Au moment de la création de la revue, cette branche de la philologie spécialisée dans l’étude des littératures et des langues issues du latin, évoquée par le nom de Romanica Wratislaviensia, concernait les chercheurs qui avaient comme objet d’étude non seulement le français mais aussi l’italien, l’espagnol, le portugais, le roumain… Les romanistes wratislaviens – rappelons-le – se considéraient comme les héritiers de Edward Porębowicz, auteur, entre autres, de travaux sur le Moyen Âge français et italien, le baroque espagnol, traducteur de Dante, Calderón et de la lyrique provençale. Et les étudiants en philologie romane étudiaient non seulement le français mais encore l’italien et l’espagnol ; à Wrocław – comme dans d’autres universités – ils pouvaient même avoir une double spécialisation, français et italien ou français et espagnol, sanctionnée par leur diplôme de maîtrise.

Aujourd’hui, avec l’autonomisation des études italiennes, hispaniques, lusitaines, québécoises… la philologie romane est devenue une philologie française, et l’appellation elle-même est de plus en plus souvent remplacée par « études françaises » (alors même que l’intérêt porté aux auteurs d’expression française de pays autres que la France et de continents autres que l’Europe laisse supposer qu’il s’agira bientôt d’« études francophones » ou encore d’« études sur l’espace francophone »; ou, pourquoi pas, de « French Global Studies »?3). Ce changement a été motivé d’abord par la rédéfinition des objectifs des programmes d’études : même si les contenus des formations proposées varient selon l’université et le pays, celles-ci tendent à s’adapter aux besoins du marché du travail et s’éloignent du profil « philologique » traditionnel4.

Cette action des facteurs extérieurs à l’université (parmi lesquels la rapidité du progrès technologique et civilisationnel joue un rôle primordial) s’accompagne également d’une modification profonde de la recherche. La « philologie romane », qui fait partie des sciences humaines, traverse, comme celles-ci, une « crise » liée à une multitude de facteurs, tels que : (1) une nouvelle perception de son objet, (2) l’apparition de nouvelles disciplines, branches ou domaines (didactique des langues ; traductologie ; anthropologie culturelle...), mais aussi (3) la « fragmentation » déjà mentionnée de la philologie romane en études françaises, ibériques, italiennes... ou (4) l’émergence de nouvelles approches ou méthodologies (citons les « turns » ou « tournants », de plus en plus nombreux depuis les années 80), qui mènent souvent à des études ou recherches inter-, trans- ou multidisciplinaires.

Qui sommes nous, nous qui continuons à travailler dans les départements, instituts ou chaires de philologie romane de diverses universités et pays? De quels éléments est formée notre identité de romanistes? Que nous soyons des spécialistes en histoire de la littérature, en analyse du discours, en lexicologie, en traduction, en terminotique, en glottodidactique, en interculturalité..., sommes-nous encore des « philologues »? En remplaçant, dans les programmes d’études, le latin et l’histoire de la langue française par des introductions à la terminologie ou à l’EAO, au TAO ou aux NTIC, en réduisant les listes des textes étudiés, en en faisant disparaître Molière ou Diderot, formons-nous encore des « romanistes » ? ou des « philologues français » ? L’adoption de l’appellation « études françaises » a-t-elle modifié l'auto-identification des chercheurs ? Est-il nécessaire d’assurer la transmission d’un « noyau » de la philologie romane traditionnelle qui permettrait aux nouvelles générations de se sentir les héritières de Curtius, d’Auerbach, de Brahmer...? Est-ce (encore) possible ?...

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1 Divers phénomènes qui composent la condition actuelle des sciences humaines semblent traverser le monde entier, et font l’objet de réflexions et de discussions qui les abordent de manières bien variées; citons en exemple : Peter Brooks, Hilary Jewett (dir.), The Humanities and Public Life, Fordham University Press, New York 2014; Christophe Granger, La destruction de l’université française, La Fabrique éditions, Paris 2015; Małgorzata Cieliczko, Elżbieta Nowicka, Joanna Wolska (dir.), Humanistyka z widokiem na uniwersytet, Wyd. Naukowe UAM, Poznań 2016.

2 Sur les différences de tradition relatives à la «philologie romane», voir Claire Rétat-Frydryszak, « La philologie romane en Europe Centrale et en France au XIXe siècle », Romanica Wratislaviensia LI, 2004, p. 75-82.

3 Cf. Christie McDonald, Susan Rubin Suleiman (dir.), French Global. A New Approach to Literary History, Columbia University Press 2010.

4 En témoignent entre autres les études réunies dans le volume Études françaises dans la société du XXIe siècle. Défis et perspectives, sous la direction d’Elżbieta Biardzka, OW Leksem, Łask 2011.

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Nous invitons les chercheurs qui voudraient présenter leur réflexion sur les questions indiquées supra à nous faire parvenir d’ici au 1 janvier 2017 leur proposition d’article (environ 500 caractères, espaces comprises), aux adresses suivantes : elzbieta.skibinska@uwr.edu.pl ET natalia.paprocka@uwr.edu.pl.

Autres dates clés

15 septembre 2017 : date limite de réception des versions finales des articles, rédigées conformément à la feuille de style de Romanica Wratislaviensia (consultable ou téléchargeable ICI).

Tous les articles seront soumis à l’examen d’un comité de lecture indépendant (selon le principe de révision en double aveugle par les pairs). Les avis seront ensuite communiqués aux auteurs, qui s’engagent à faire parvenir à la rédaction la version définitive de leur texte en tenant compte des observations reçues et dans le délai indiqué.

L’automne 2018 : publication.

 

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